Archives par mot-clé : père Michel Yvon Allard



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 12 Janvier 2020

Baptême du Seigneur

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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« Les cieux s’ouvrirent et Il vit l’Esprit descendre comme une colombe et venir sur Lui« 

 » Le récit du baptême de Jésus est une véritable catéchèse et une source d’inspiration pour les chrétiens. Cet événement nous révèle plusieurs aspects importants de la personnalité de Jésus et nous dévoile le sens de notre propre baptême.

«Les cieux s’ouvrirent» et le contact entre Dieu et nous est rétabli. Ce baptême nous révèle la présence de la Trinité qui rompt le silence pour communiquer avec nous. Dieu Père, Fils et Esprit nous veut du bien et nous invite à un nouvel exode vers la libération et vers le salut. La ligne de dialogue est rétablie.

Dans ce texte Matthieu nous décrit la Trinité en action et il y reviendra à la toute fin de son évangile : «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 18-19)

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Aujourd’hui, nous sommes invités à suivre les traces de Jésus parce que nous aussi nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu : «Celui-ci, celle-ci est mon fils, ma fille bien-aimée…».

Nous sommes invités à la conversion afin de construire un monde de paix et d’amour avec Dieu. Le Christ est venu non pas pour détruire et punir mais pour se rapprocher de nous, particulièrement de ceux et celles qui ont été brisé par la vie.

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 22 Décembre 2019

4ème Dimanche de l’Avent

  (Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

« Nous connaissons bien le récit de «l’annonce faite à Marie». Il a inspiré d’innombrables tableaux, mosaïques, fresques, sculptures, vitraux. Plusieurs volumes ont été écrits sur l’Annonciation. Mais curieusement, «l’annonce faite à Joseph» est beaucoup moins connue. Joseph est le chef de famille, silencieux et efficace, toujours prêt à l’action. Dans l’évangile d’aujourd’hui, ce n’est plus la tragique figure du Baptiste qui domine ce dernier dimanche avant Noël, mais la noble et paisible silhouette du charpentier de Nazareth. Joseph, homme de la nouvelle alliance, modèle de foi et de fidélité, est celui qui «accueille la Parole» et se met au service de Dieu et au service des autres…./…

Cursillos

 L’ange annonce à Joseph que son fils sera appelé «Emmanuel, ce qui veut dire: Dieu avec nous». Matthieu commence son évangile avec ce «Dieu-avec-nous» et il le terminera de la même manière: «Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin de monde». (Matthieu 28, 20)

L’enfant a été annoncé comme «l’enfant-sauveur» (le nom Jésus signifie Dieu sauve). Or voilà, paradoxe étonnant, qu’un pauvre homme et sa jeune épouse sont invités à sauver l’enfant-sauveur. Paradoxe divin : Dieu, par son incarnation, s’est remis entre nos mains. Il ne se défend pas lui-même. Il faut «sauver» Dieu!…/…

Au cœur de ce monde de violence et de rejet, Dieu a ménagé à son Fils un havre d’accueil, une oasis de paix et d’amour : Marie et Joseph, sa petite famille…./…

Trop de famille, hélas, peuvent se reconnaître dans les reportages de guerres, de persécutions politiques, de racisme, de misère, de famine…/… »

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 17 Novembre 2019

33ème Dimanche du Temps Ordinaire

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

« Les médias nous parlent sans arrêt des malheurs du monde : le terrorisme, les inondations, les tremblements de terre, les ouragans, les typhons, les attentats, les enlèvements, les viols, les meurtres, les abus sexuels, les nettoyages ethniques, les campagnes de haine, etc..

Ensuite, il y a les terribles guerres. Au 18e siècle, environ 4 millions de personnes sont mortes à cause des guerres; au 19e, 8 millions; et au 20e près de 100 millions. Le 21e siècle ne semble pas améliorer les choses à ce chapitre!

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a des catastrophes naturelles, des actes de violence, des guerres. La Californie brûle, les Philippines sont inondées, les provinces de l’Atlantique essuient les soubresauts d’un ouragan après l’autre. Les séismes font des  milliers de morts, déplacent des millions de personnes, ravagent les cultures et détruisent les villages. Les génocides se multiplient à travers la planète.

À mesure que nous approchons de la fin de l’année liturgique, l’Église nous propose de méditer sur ces phénomènes de violence et de mort, symboles de la fragilité de notre monde : « des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre. Tout sera détruit »

…./…

En lisant le texte de ce matin, on pourrait croire que Jésus nous laisse une image pessimiste de la réalité. Mais c’est le contraire qu’il nous dit : « N’ayez pas peur… Lorsque vous entendez parler de guerres, de désordres, de violence… ne vous effrayez pas! » Il nous invite à conserver l’espérance et à persévérer dans ce que nous vivons quotidiennement. «Ne vous laissez pas dominer par l’angoisse et par la terreur.»

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L’évangile d’aujourd’hui n’est pas un texte sur la fin des temps, mais bien une parole d’espérance qui nous invite à construire un monde de justice, de paix, de fraternité et d’amour maintenant. S. Pierre disait aux premiers chrétiens : «Soyez toujours prêts à rendre compte, à tous ceux qui vous le demandent, de la l’espérance qui est en vous» (1 Pierre 3, 15)

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 5 mai 2019

3ème Dimanche de Pâques

(Homélie du père Michel Yvon Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada).

« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes »

« Depuis Pâques, le lectionnaire puise abondamment dans les Actes des Apôtres. Les textes nous décrivent l’expérience des premières communautés chrétiennes, après la mort et la résurrection de Jésus.

Chaque «premier jour de la semaine», le jour du Seigneur, ils se réunissent et le Christ se glisse mystérieusement parmi eux. Il leur apporte la paix, la joie, et le don de l’Esprit Saint. Petit à petit, leur angoisse et leur peur disparaissent. Ils déverrouillent les portes et s’affichent au grand jour. Après l’abandon, la lâcheté, la peur, le désespoir, ils sortent maintenant sur la place publique et témoignent du Christ ressuscité. Aujourd’hui, nous les retrouvons devant les autorités religieuses qui leur avaient défendu de parler de Jésus, et qui croyaient avoir ainsi réglé le problème de façon définitive.

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Jésus nous dit ce matin : «N’ayez pas peur d’être différents.»

Être chrétien signifie maintenir notre liberté de penser et d’agir, savoir s’opposer à ce qui est injuste, dire non à ce qui va contre le droit des personnes innocentes, être capable de défendre la sacralité de l’être humain, promouvoir la dignité de toute personne, indépendamment de sa race, sa nationalité, ses allégeances politiques, sa religion ou sa culture.

Après la résurrection, les apôtres ont présenté un témoignage plein de fermeté mais sans arrogance et sans provocation, un témoignage au nom de Jésus et non pas en leur nom personnel ou au nom de leur propre groupe!

Le chrétien doit avoir une approche critique vis-à-vis la société, la politique, la religion, la culture, la tradition, tout en maintenant une attitude de dialogue, de réconciliation, de fraternité et de collaboration.

En tout temps, nous devons être au service du progrès de l’être humain, de sa libération intégrale et de sa liberté d’enfant de Dieu. C’est pourquoi il nous faut savoir « obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

Lire l’intégralité de l’homélie sur: http://www.cursillos.ca/formation/reflexion-chretienne.php



HOMÉLIE DOMINICALE

« Ils se levèrent et chassèrent Jésus hors de la ville »

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

Afin d’accentuer le rejet de Jésus par les gens de son village, Luc a transformé cette première rencontre dans la synagogue de Nazareth et l’a située au tout début de sa vie publique. Chez les autres évangélistes, nous retrouvons cet événement plus tard dans le texte (Matthieu 13, 54 ; Marc 6, 1).

Les habitants de Nazareth sont d’abord dans l’admiration, mais Jésus ne cède pas à la tentation de la popularité facile, du consensus superficiel. Les Nazaréens voudraient profiter de privilèges exclusifs, de miracles spéciaux parce qu’il est l’un des leurs. Mais ils refusent de croire en lui car il le connaissent bien, «il est le fils de Joseph». Ils veulent se l’approprier mais tel qu’ils l’ont connu dans le passé, fils du charpentier. «Pour qui se prend-il maintenant ? Qui croit-il être ?» Et finalement ils le chassent hors de la ville, pour le précipiter en bas de l’escarpement.

Dans le texte d’aujourd’hui nous avons un résumé de la vie de Jésus qui, dans moins de trois ans, sera condamné et de nouveau «chassé hors de la ville» pour y être crucifié. «Chassé hors de la ville !», symbole cruel de rejet total. Les lépreux sont chassés hors de la ville, de même que les malfaiteurs et les condamnés à mort.

À plusieurs reprises, les évangélistes soulignent l’agressivité de ceux qui refusent le Christ et la joie de ceux qui sont ouverts à son message. Luc oppose l’attitude des gens de Nazareth à celle des habitants de Capharnaüm, ville cosmopolite et en grande partie «païenne» mais où Jésus est mieux accepté que dans son village. À la naissance de Jésus les bergers se réjouissent, alors que Bethléem lui ferme la porte, sous prétexte qu’«il n’y ait a pas de place pour lui dans la salle commune». Matthieu oppose le roi Hérode et les notables de Jérusalem aux sages venus d’Orient, ces chercheurs de Dieu qui se réjouissent grandement à la réapparition de l’étoile. S. Jean dira plus tard : «Dieu est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu»…Mais il ajoutera : «à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu» (Jean 1, 11).

En lisant le texte d’aujourd’hui, nous sommes tentés de condamner les gens de Nazareth et la classe politique et religieuse de Jérusalem, tout en nous félicitant, nous les chrétiens, d’accepter Dieu à bras ouverts, d’être du bon côté !

Cependant, si nous sommes sincères, nous devrons admettre que souvent nous rejetons Dieu «hors de» nos familles, de nos maisons, de nos entreprises, de nos décisions importantes. Nous allons le visiter pendant une petite heure le dimanche et ensuite nous le laissons dans le tabernacle, lui refusant accès à notre vie de tous les jours. Séparation de l’Église et de l’État oblige ! Mais le Christ nous demande d’être chrétiens 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

La maison familiale doit être pour nous «une église domestique», un lieu où la foi et les valeurs chrétiennes se transmettent de génération en génération. Bon nombre d’enfants et de petits enfants ne fréquentent plus les célébrations dominicales et les autres activités de la communauté chrétienne. Cependant, par notre façon d’agir et de parler, par les prières que nous faisons en famille, par les cadres décoratifs et les objets qui embellissent notre maison, les enfants et les petits enfants doivent se rendre compte que nous sommes chrétiens. Ils doivent retrouver chez-nous une ambiance de foi, d’espérance et de charité ?

Le monde d’aujourd’hui n’est plus, bien sûr, l’univers chrétien qu’ont connu nos parents et nos grands parents et nous devons vivre dans la société pluraliste actuelle. Des religions diverses ont fait leur apparition à travers l’immigration et de nouvelles idéologies se rencontrent sur la place publique. Dans ce monde multi dimensionnel, nous devons permettre à ceux et celles qui pensent différemment de nous de vivre en paix et d’agir selon leurs convictions. Mais ça ne veut pas dire que nous devons abandonner nos propres croyances, convictions et traditions religieuses.

Si, par exemple, un non-chrétien désire ne pas utiliser le mot «Noël» sur ses cartes de souhaits, c’est son droit, car la fête de la naissance de Jésus n’a pas de résonance chez-lui. Mais cela ne nous oblige pas à faire disparaître tout ce qui est rattaché à notre fête chrétienne, à la vider de son contenu religieux.

Certains groupes croient que la religion n’a pas sa place dans le domaine public. Ils voudraient que nous les chrétiens professions «une foi de sacristie». Le Christ nous rappelle constamment que nos valeurs doivent influencer tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons. Il nous faut éviter de chasser Dieu hors de nos activités, de nos entreprises, «de nos villes». C’est justement «dans la ville» que nous devons vivre les valeurs de paix, de fraternité, de pardon, d’ouverture aux autres, de partage, etc. Combien de baptisés, par leur silence et leur indifférence, poussent Jésus «hors de la ville» afin de s’accommoder aux modes du temps ?

L’évangile d’aujourd’hui nous provoque et veut nous sortir de la torpeur et de l’indifférence. Baptisés de longue date, nous sommes peut-être habitués à vivre d’une foi tranquille et peu compromettante. Avec les gens de Nazareth, le Christ nous rejoint aujourd’hui, au cœur même de notre existence, et il nous invite à le laisser agir dans notre quotidien «afin que nous ayons la vie en abondance» (Jean 10,10).

Laissons la Parole de Dieu pénétrer jusqu’au fond de notre cœur et permettons au Seigneur de nous accompagner tout au long de notre vie. Ne le chassons pas «hors de notre ville».



HOMELIE DOMINICALE

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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N’ayez pas peur! Jésus de Nazareth, le crucifié, est ressuscité; il n’est pas ici…

Si aujourd’hui, après 2000 ans de christianisme, nous célébrons la grande fête de Pâques c’est parce qu’une chaîne ininterrompue de croyants nous ont transmis cette foi pleine d’espérance dans la résurrection du Christ. S. Paul disait dans sa première lettre aux Corinthiens : «Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu’il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart d’entre eux vivent encore et quelques-uns se sont endormis – ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton. » (1 Cor 15, 3-8)

Nous sommes réunis aujourd’hui grâce à la transmission de cette Bonne Nouvelle à travers les siècles. Nous célébrons la victoire de la vie sur la mort. Nous célébrons Jésus Christ, notre espérance, qui donne un sens à notre vie, malgré les angoisses, les souffrances et les difficultés de tous les jours.

L’énorme pierre qui scellait le tombeau est le symbole de notre incapacité de vaincre la mort par nous-mêmes. «Les femmes se disaient entre elles: <Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau?> – Puis elles se rendirent compte qu’on avait roulé la pierre, qui était très grande.» Ce détail concret est souligné par les quatre évangélistes. Pour Marc et pour nous aujourd’hui, cette pierre indique qu’une véritable muraille sépare l’être humain de la résurrection : «qui pourrait enlever cet obstacle»?» Seul Dieu peut supprimer le poids écrasant de la mort qui pèse sur l’humanité.

Ce qui est important dans le récit d’aujourd’hui, ce n’est pas la tombe vide mais l’annonce de la résurrection. Les femmes ont rencontré un messager qui leur révéla la résurrection de Jésus. Pâques c’est la fête de cette grande révélation; c’est la fête de la joie et de l’espérance. Les femmes furent saisies de stupeur, mais il leur dit: « N’ayez pas peur...» Si l’apparition de Dieu bouleverse, sa présence aussitôt rassure et apaise. Le vrai Dieu n’est pas celui qui joue sur la peur, mais celui qui donne espérance.

Le messager ajoute ensuite : «Allez dire à ses disciples qu’il les précède en Galilée…» La Galilée, c’est là où ils sont nés, où ils travaillent, où vivent leurs familles. Le Christ les accompagne dans le quotidien de leur vie, dans leur propre Galilée. Allez! Ne restez pas près de ce tombeau vide. Allez là où Jésus vous précède, là où il vous a fixé rendez-vous.

Normalement, tout finit au cimetière. Dans l’histoire du Christ, tout commence au cimetière, autour d’un tombeau vide. Et le messager ne dit pas aux femmes : «Allez dire aux disciples de venir ici pour voir un tombeau vide.» Mais il leur dit : «Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’ils retournent en Galilée. Là il trouveront le Seigneur». La communauté des disciples n’est pas recréée autour d’une tombe, mais autour de Jésus ressuscité. «Il n’est plus ici, il est ressuscité… Il vous précède en Galilée.» Il vous attend là où vous vivez.

Chaque dimanche, les chrétiens se rassemblent dans leur Galilée, dans leur ville, dans leur village, dans leur paroisse, autour du Christ ressuscité: «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.» Et le Christ de la Pâques marche avec nous, il nous accompagne : «Je suis le chemin, la vérité, la vie… Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.»

En ce jour de la résurrection, le Christ nous invite à recommencer à vivre pleinement, à passer de la peur à la joie, du passé au présent, de l’hiver au printemps, de la mort à la vie. Aujourd’hui, nous célébrons la plus grande victoire qui existe, la victoire du Christ sur la mort.

Nous savons très bien que les victoires de notre pauvre monde ne résistent pas à l’usure du temps. Dans les sports, les victoires durent le temps d’une saison, puis tout est oublié. En politique, les chefs d’états sont élus avec fanfare et grandes célébrations, puis la population se lasse de leurs erreurs et leur corruption. Les sondages les condamnent alors à une défaite souvent humiliante.

Pour ce qui est des victoires militaires, elles durent si peu longtemps. Je pense à la grande victoire des alliés en 1945. Plus de 400 000 soldats américains sont morts pendant la seconde guerre mondiale – sans compter les millions d’habitants d’autres pays -. On croyait alors que ces sacrifices apporteraient la paix pendant des dizaines et des dizaines d’années. On était certain que la mort de millions de personnes et la création des Nations Unies assureraient la paix pendant longtemps. Mais en moins de 10 ans, 54 246 Américains sont tués en Corée et 50 000 mourront au Vietnam. Les troupes peuvent célébrer les victoires militaires les unes après les autres, mais ces victoires ne durent que peu de temps.

Une véritable victoire demande la permanence, et c’est ce que nous offre la victoire du Christ sur le mal et sur la mort. Jésus apporte l’espoir là où il y a le désespoir, l’amour, où il y a la haine. Il apporte le pardon où il y a le désir de vengeance. Il apporte la vie là où règne la mort.

En ce premier jour de la semaine, en ce jour de la résurrection du Seigneur, Joyeuses Pâques à tous.



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 11 mars 2018

4ème dimanche du Carême – B

( Homélie du Père Yvon-Michel Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada)

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« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique »

Il existe dans l’histoire des moments de hautes valeurs religieuses et humaines. La rencontre de Jésus avec Nicodème est l’un de ces moments. Le Christ révèle au pharisien en recherche de vérité que «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que celui qui croît en lui ne meure pas mais ait la vie éternelle».

Dieu aime notre monde, il nous aime malgré nos violences, nos injustices, nos faiblesses et nos péchés. «Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.»

L’humanité est malade et sous l’emprise des forces du mal et de la mort : guerres, destruction, violence.  Mais il existe une autre force, une force de vie qui unit au lieu de diviser, apaise au lieu d’angoisser, guérit au lieu de blesser. Cette force nous invite à plus de justice, de paix et de fraternité.

«Dieu a tant aimé le monde». Ces quelques paroles expriment tout le message chrétien de la rédemption. Paul Claudel écrivait : «Nous ne sommes pas chrétiens parce que nous aimons Dieu mais parce que nous croyons que Dieu nous aime».

Nous savons que nous ne pouvons-nous en sortir seuls et plus nous vieillissons, plus cette vérité devient évidente. Je ne sais si vous avez déjà vu dans un film où une personne essaie, de ses propres forces, de se  sortir des sables mouvants. Plus elle se débat, plus les sables l’attirent vers le gouffre. Seule une main extérieure, peut l’aider à s’en sortir. Nous vivons tous dans des sables mouvants et la main de Dieu est notre seule perche de secours.

Albert Camus, dans son célèbre roman  « La peste » décrit l’état misérable et fatal de l’être humain.  Il utilise la peste comme métaphore pour indiquer le mal qui se cache en nous : «Je sais… que chacun de nous la porte en son cœur cette peste et que personne, non personne n’est immunisé.» Dans les Écritures, Dieu est souvent présenté comme le «médecin» qui peut nous guérir de cette maladie mortelle.

De nos jours, nombreux sont ceux qui ressentent une sorte de pessimisme vis-à-vis le mal dans notre univers : «le monde est pourri… il n’y a rien à y faire : violences, prises d’otage, égoïsmes collectifs, fraudes gigantesques, dépravation morale, drogue, guerres»… Nous avons parfois l’impression que le monde traverse une époque glaciale où manque la chaleur de l’amour. Mais l’amour de Dieu est toujours présent dans ce froid hivernal.

Grâce à son fils et à l’Esprit Saint, le Père veut redonner à notre monde une vie nouvelle, nous permettre de passer des ténèbres à la lumière, du péché à la grâce, de la haine à l’amour, de l’incrédulité à la foi, du découragement à l’espérance, de la mort à la vie.

Nicodème qui rencontre le Seigneur pendant la nuit est un chercheur de Dieu. Étant membre du Sanhédrin, il défendra Jésus lors du procès du vendredi saint et, après la mise à mort sur la croix, il l’ensevelira dans une tombe toute neuve. Ce chercheur de la lumière dans la nuit de ses peurs et de ses doutes, a pressenti une lueur d’espoir en Jésus.

Chaque dimanche la communauté chrétienne se rassemble pour se rappeler le projet de Dieu. Chaque dimanche, Dieu nous invite à accepter son amour, à agir comme lui pour donner à notre monde plus de joie, de paix et d’amour. Être disciple du Christ, c’est essayer de marcher derrière lui, de suivre son exemple, d’agir comme il l’a fait lui-même. Saint Paul disait aux Éphésiens «Montrez-vous bons et compatissants les uns envers les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ».

Le message du Carême est un message d’espérance : notre vie n’est pas un voyage sans but  et sans espoir. Notre vie n’est pas une «passion inutile», comme l’affirmait Jean-Paul Sartre. Autour du pain et de la parole de Dieu, nous nous rassemblons chaque dimanche pour célébrer notre espérance chrétienne : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que celui qui croît en lui ne meure pas mais qu’il ait la vie éternelle»



HOMÉLIE DOMINICALE

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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L’Esprit Saint viendra sur toi et il te prendra sous son ombre

Dans la première lecture d’aujourd’hui, David veut construire un temple à Jahvé : «J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous la tente.» Mais un peu plus loin dans le texte, nous voyons que Dieu refuse. «Est-ce toi qui me construira une maison pour que j’y habite?» … Dieu ne veut pas se laisser enfermer dans un temple de pierre. David aimerait offrir à Dieu une demeure stable, un espace sacré, alors que le Seigneur se veut nomade avec son peuple, il veut l’accompagner partout où il se trouve.

Le mystère de l’Incarnation n’est pas simplement un anniversaire de naissance. C’est une invitation à partager la vie même de Dieu dans notre vie de tous les jours.

La fête de Noël nous révèle que le temps où l’on cherchait Dieu sur les sommets, dans les nuages, dans les sanctuaires, dans les rites et les sacrifices est fini. Fini le temps des ziggurats, des pyramides, le temps où les hommes multipliaient les efforts pour s’élever jusqu’à Dieu (Tour de Babel). Ce n’est pas nous qui devons monter pour nous approcher de Dieu, c’est Dieu qui descend et vient habiter chez-nous.

À Noël, nous célébrons le Dieu qui se cherche une demeure. Le contraste entre le projet de David et celui de Marie devient évident. Marie reçoit Dieu dans son humble maison de Nazareth et lui permet d’habiter en elle. Elle devient alors la nouvelle arche d’alliance, le nouveau temple de Dieu. Saint Paul pourra écrire sans hésitation aux chrétiens de Corinthe: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit habite en vous? Le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous !» (1 Co 3, 16-17).

Luc, dans son évangile, utilise l’image de la «nuée», de «l’ombre», de la «shekinah», signe de la présence de Dieu. «L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre». Dans le livre de la Genèse, au début de la création, l’Esprit planait sur les eaux pour afin de donner la vie (Gen 1, 2). L’Esprit qui vient sur Marie, le jour de l’Annonciation, engendre maintenant une nouvelle création.

En cette fête de Noël, Dieu cherche un endroit où habiter. Espérons que nous ne soyons pas obligés de constater que chez-nous, comme à Bethléem, «il n’y a pas de place pour lui dans notre auberge». Dieu ne veut pas être mis à part, être enfermé dans un lieu sacré. Il préfère vivre dans la confusion de nos vies quotidiennes.

La venue de Dieu n’a rien «d’une visite officielle» comme celles que font les grands de ce monde qui se rendent en secret en Irak ou en Afghanistan, entourés de centaines de soldats et de nombreux garde du corps. Ces dirigeants n’ont aucun contact avec les gens du peuple qui souffrent de la violence, de la peur, de l’angoisse, de la pénurie d’eau, de denrée, de médicaments et d’électricité. Quand il vient à Noël, Jésus n’est pas entouré de gardes du corps et de grandes mesures de sécurité. Il entre dans notre monde en clandestin, en sans-papier. Il veut être près de nous pour savoir exactement ce qui se passe dans nos maisons et dans nos cœurs. Il n’a pas besoin d’itinéraires prédéterminés «pour motif de sécurité». Dieu ne fuit pas les difficultés de la vie. Il est simplement l’un de nous. Il s’invite dans nos maisons, comme il le fit chez Marie. Nous pourrons alors le conduire un peu partout, dans le vrai monde, particulièrement chez ceux et celles qui souffrent, chez ceux et celles qui ont le plus besoin de notre aide : les malades, les personnes âgées, les jeunes aux prises avec des problèmes de drogues, les sans travail, les sans foyer, les personnes seules, etc. C’est ce qui s’est passé avec Marie. Une fois qu’elle eut prononcé son « fiat » («qu’il me soit fait selon ton désir»). Elle quitta son village «en hâte» pour visiter sa cousine Élizabeth qui, elle aussi était enceinte, et avait besoin d’assistance. Marie voulait ainsi partager sa grande joie d’être devenue le temple de Dieu.

La liturgie de ce quatrième dimanche de l’Avent pourrait s’intituler: «Dieu cherche une maison !» Luc constate «qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’auberge»… et saint Jean ajoute : «Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu». Chez Marie, le Seigneur a trouvé un accueil chaleureux : «Que tout se passe pour moi selon ta parole». Espérons qu’il en soit ainsi chez-nous en cette fête de Noël.

Le mystère de l’Incarnation n’est pas simplement un anniversaire de naissance. C’est une invitation à partager la vie même de Dieu dans notre vie de tous les jours.



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 10 décembre 2017

Deuxième dimanche de l’Avent

 (Homélie du Père Yvon-Michel Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada).

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« Préparez le chemin du Seigneur! »

Les trois lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent nous invitent à bien nous préparer à la venue du Seigneur. Isaïe souligne le besoin  «d’aplanir le chemin, de combler les ravins, de redresser les passages tortueux», Pierre et Jean Baptiste ajoutent qu’il est important de «convertir notre cœur». Il nous faut «embellir» notre maison pour bien accueillir le Seigneur. Qu’est-ce que nous pourrions changer pour être plus fraternel, plus chrétien, plus humain ?

Jean n’est pas allé au désert pour s’assoir en silence. Il a vécu une conversion profonde et il invite les autres à en faire autant. Il sait que le contact avec Dieu peut transformer notre vie et nous redonner la joie et l’espérance.

Le désert peut prendre des formes différentes : un lieu retiré où il devient possible d’entendre ses voix intérieures, une église et sa communauté chrétienne qui nous invitent au recueillement et au partage, un groupe de réflexion où l’on construit avec d’autres notre vision du monde, un site Internet qui ouvre des nouveaux horizons et nous met en contact avec d’autres chercheurs de sens, une œuvre d’art ou une pièce musicale qui nous amène à aller plus loin au dedans de nous-mêmes, etc… Le désert est l’endroit qui nous permet de diminuer le volume des bruits discordants qui nous agressent de toutes parts. C’est l’environnement qui nous met en position d’écoute, de veille et d’attente.

Toutes les attentes ne sont pas bénéfiques et certaines ne servent à rien. Dans la très belle pièce de théâtre de Samuel Becket : « Waiting for Godot » (En attendant Godot) quelques personnes sont assises par terre et parlent, pendant toute la pièce, de la venue prochaine de Godot. Ils soulignent l’importance de sa venue. Vers la fin, quelqu’un entre et leur dit que Godot est arrivé dans le village voisin. L’un des personnages s’exclame : «il faut aller le retrouver…» mais personne ne bouge. Ils restent assis et continuent à parler pendant que le rideau tombe et que la pièce prend fin. Une telle attente passive, remplie de verbiage vide, ne sert absolument à rien, dit Becquet.

Il existe une autre sorte d’attente, qui met les gens sur pied et provoque l’engagement, la planification constructive, l’espérance ouverte sur l’avenir, et la joie communicative. C’est, par exemple, l’attente de parents qui se préparent à la naissance d’un enfant. Ils peignent la chambre, trouvent un berceau et un petit lit, décorent les murs, achètent des vêtements pour l’enfant qui va naître, se réjouissent avec leurs parents et leurs amis. Ils font tout pour que cette naissance soit célébrée dans la joie. C’est un modèle de l’attente dont parle l’évangile.

Noël, est la plus grande fête de l’année. Il faut bien la préparer. C’est la fête de la venue de Dieu parmi nous : «Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route». Sans cet effort, nous risquons de nous laisser prendre par le clinquant des grands magasins et de rater complètement la venue du Seigneur. Comme le dit Jean baptiste, Dieu viendra chez-nous si nous lui préparons le chemin. Dans notre pays de froid, de glace et de neige, nous savons que préparer une route demande beaucoup de travail. Pendant toute la période d’été, les programmes de réparation se multiplient à travers le pays, afin de remettre les routes en bonne condition avant que la neige ne recouvre le sol.

Sur la route de notre vie, le temps a multiplié les trous, les bosses, les nids de poule. Il y a des courbes trop raides et des dénivellations trop accentuées. Il s’agit donc de redresser, aplanir, réparer, illuminer, repaver. Nous sommes invités aujourd’hui à regarder notre vie pour voir ce qui doit être amélioré ou refait à neuf, afin de permettre au Seigneur d’arriver jusqu’à nous. Qu’est-ce que nous pourrions changer pour être plus fraternel, plus chrétien, plus humain ?

L’Avent est un temps d’attente, de préparation, de conversion. Il s’agit de tourner le dos au passé et de miser sur le présent et sur l’avenir, de changer la vision que nous avons de nous-mêmes, afin de devenir meilleurs. C’est une affaire de cœur. C’est une invitation à «préparer les chemins du Seigneur».



HOMELIE DOMINICALE

Dimanche 3 Décembre 2017

Premier dimanche de l’Avent, B

 (Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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« Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra »

 Souvent nous voyons dans ce texte une exhortation à attendre dans la crainte le jour du jugement. Ce qui intéresse Jésus, ce n’est pas le jugement dernier et la fin du monde, mais bien notre comportement de tous les jours. C’est aujourd’hui que le Christ nous invite à une vigilance active et constante. De cette vigilance dépend la qualité de vie de notre famille, de notre Église et de notre monde. Dieu «nous a donné tout pouvoir», il nous fait confiance et il compte sur nous. Dieu nous confie le petit monde dans lequel nous vivons et nous invite à la vigilance.

L’ Avent est une période d’activités, de préparation et d’attente. Noël s’en vient! Dans la vie, les moments qui précèdent les événements importants sont pleins de fébrilité et de mouvements : les fiançailles, la naissance d’un enfant, le retour d’une personne chère, les résultats d’une recherche, l’aboutissement d’un projet… Il nous faut être vigilants et bien utiliser le temps qui nous est accordé. Il nous faut profiter du moment présent pour rendre notre monde plus humain, plus beau, plus «vivable».

Saint Paul utilise un langage imagé pour parler de la vigilance. Il nous invite à nous «arracher au sommeil» (Rom 13, 11). C’est comme si nous étions en danger d’engourdissement. Nous songeons à l’abrutissement qui nous vient quand nous abusons de somnifères. Les réflexes de défense ne fonctionnent plus, un peu comme le conducteur qui a trop bu d’alcool, et qui quitte la route sans s’en apercevoir.

L’ Avent c’est une période pendant laquelle nous sommes invités à mettre de côté notre tiédeur, notre paresse, notre médiocrité spirituelle. «Seigneur, mon Dieu, illumine mes yeux afin que je ne dorme pas du sommeil de la mort.» (Psaume 13, 4) Jésus nous voit comme une maison où l’on veille, une maison aux fenêtres éclairées quand toutes les autres sont dans le noir : «prenez garde, veillez!»

Autrefois, nous parlions de l’Église militante. Aujourd’hui, il faut parler de l’Église vigilante, c’est-à-dire une communauté pleinement consciente de ses responsabilités et désireuse de vivre selon les valeurs proposées par le Seigneur. J’ai lu quelque part cette belle phrase : «On surveille au nom de la loi (caméras de surveillance); on veille au nom de la tendresse.» «Veiller» révèle la tendresse que nous avons pour ceux et celles que nous aimons. Celui qui aime veille toujours. La mère de famille qui veut rendre sa maison accueillante veille continuellement. Lorsqu’un enfant est malade, la mère et le père veillent et entourent l’enfant…

Dans son livre «The Arend Islands», le poète irlandais, John Millington Synge, nous raconte l’histoire d’une femme qui attend le retour de son mari. Il y a trois mois,  il est parti sur un bateau de pêche et maintenant, chaque jour, elle se rend au bout du quai, scrute l’horizon espérant le retour de celui qu’elle aime. Elle connaît les dangers de la mer, mais elle a la certitude que son mari reviendra. Elle le serrera sur son cœur et le conduira à la maison pour y retrouver leurs enfants. Pour son retour, elle a préparé des mets spéciaux, confectionné des vêtements neufs, nettoyé et décoré la maison. Son attente est pleine de projets et pleine d’espérance.

Dans un foyer pour personnes âgées, un vieillard se prépare à la visite de sa fille. Il sait qu’elle viendra et cela lui donne la joie et l’espérance nécessaire pour affronter les difficultés de la vie quotidienne.

Dans l’évangile, chaque jour un Père se rend sur le haut de la colline, attendant le retour de son plus jeune fils. Lui aussi espère, et il pense à la fête qui suivra les retrouvailles avec son fils prodigue.

Veiller, être prêts, bien utiliser le temps qui nous est donné! Si aujourd’hui nous avions à rencontrer notre créateur, serions-nous prêts? C’est la question que nous pose l’Avent… non pas pour nous effrayer mais pour nous inviter à utiliser de façon responsable le temps qui nous est donné. Dieu nous fait confiance. Il nous met en charge et nous invite à la vigilance.

On dit souvent que la religion est l’opium du peuple, qu’elle nous empêche de vivre le moment présent, en attendant le ciel, en attendant la mort. C’est tout le contraire! Le christianisme nous invite à être vigilants et actifs maintenant, chaque jour.

Dieu nous confie le petit monde dans lequel nous vivons et nous invite à la vigilance. C’est une belle et importante responsabilité !

Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra