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HOMÉLIE DOMINICALE – 26 JANVIER 2020

Dimanche 26 Janvier 2020

3ème Dimanche du Temps Ordinaire

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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Jésus quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm

«  Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus vient séjourner à Capharnaüm en Galilée, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali et inaugure sa mission dans le monde.

Vestiges de Capharnaüm
Vestiges de Capharnaüm – Photo Vblinov

La « Galilée » était une province où se côtoyaient des gens de nombreuses races et de nombreux groupes ethniques, un pays ouvert, une route de caravanes. Jésus décida d’habiter dans cette région du Nord, ouverte à toutes les influences plutôt qu’en Judée, en terre sacrée, ou à Jérusalem, la ville sainte. À Capharnaüm, trois routes romaines importantes se rencontraient. La route de la mer arrivait d’Égypte et, dans la ville, cette route très achalandée se divisait en deux, l’une se dirigeant vers Damas, en Syrie et l’autre vers Tyr et Sidon, sur le bord de la Méditerranée. C’était un carrefour international…./…

Il est vrai que notre monde est plein d’injustices, d’abus de pouvoir, de violence. Tous les jours les médias nous rappellent que souvent les systèmes judiciaires sont au service des riches et de ceux et celles qui détiennent le pouvoir; que la médecine est gérée par les compagnies pharmaceutiques; que les entreprises d’armements provoquent des guerres un peu partout dans le monde afin de tester leurs armes et de vendre leurs engins de violence et de mort…/…

Nous devons devenir les yeux, les mains et le cœur de Dieu dans notre monde. Ste. Thérèse d’Avila disait : «Le Christ n’a pas de corps ici-bas si ce n’est le nôtre. C’est à travers nos yeux que le Christ regarde le monde avec compassion, c’est à travers nos pieds qu’il va visiter ceux et celles qui sont dans le besoin, c’est à travers nos mains qu’il bénit et soulage ceux et celles qui souffrent.» «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche».

Il y a toujours une renonciation, un éloignement, un changement qui accompagne la conversion. »

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HOMÉLIE DOMINICALE – 19 JANVIER 2020

Dimanche 19 Janvier 2020

Baptême du Seigneur

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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« Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde« 

« Ce bref témoignage de l’évangéliste Jean reflète sa théologie et celle de sa communauté plusieurs dizaines d’années après la mort et résurrection de Jésus. Elle est une profession de foi des premières communautés chrétiennes…./…

Au début du texte d’aujourd’hui, Jean Baptiste appelle Jésus «l’Agneau de Dieu». À chaque eucharistie, nous entendons ces mots : «Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde», et trois fois nous les chantons avant la communion, mais ce n’est pas un titre qui a beaucoup d’attrait pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui. Le symbole de l’agneau n’est pas très parlant pour nous, et en général nous n’aimons pas entendre parler de péché…/…

Le mal est présent au milieu de nous, bien qu’au niveau de la rue on ne l’appelle pas «péché». Voici quelques exemples de ce qui, pour Jean, ferait parti du «péché du monde» :../….

Je lisais dernièrement l’histoire d’un ouvrier que l’on pourrait appliquer à des milliers de personnes à travers les siècles : «Un jour, un homme qui aimait se moquer des chrétiens, demanda à un compagnon de travail : André, peut tu m’expliquer comment Jésus a fait pour changer l’eau en vin? André répondit : Je ne peux pas t’expliquer comment il a fait pour changer l’eau en vin, mais je sais qu’il y a une dizaine d’années, j’étais un alcoolique détestable, violent avec ma femme et mes enfants, je dépensais plus de la moitié de mon salaire en boisson et ma famille n’avait pas assez pour vivre. Un ami m’a aidé et il m’a parlé de Jésus. Petit à petit, je suis devenu un travailleur honnête et pacifique et un bon père de famille aimant et chaleureux. Je ne peux pas t’expliquer comment Jésus a changé l’eau en vin, mais je peux te raconter comment il a changé l’alcoolique que j’étais en bon père de famille.» Pour moi, Jésus a vraiment été «l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde», l’agneau de Dieu qui a enlevé mon péché à moi! »

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 5 Janvier 2020

Épiphanie du Seigneur

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

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« Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant Lui« 

« En cette année liturgique, dimanche après dimanche, nous entendrons les textes de l’évangile de S. Matthieu. Cet évangéliste ne proclame pas seulement la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, il offre aussi une catéchèse exceptionnelle à ceux et celles qui prennent le temps de méditer ses écrits. Aujourd’hui, la visite des mages d’Orient contient de nombreux éléments pour notre réflexion chrétienne.

La randonnée des Mages se rendant à la crèche de Bethléem a été, à travers les siècles, l’un des passages évangéliques les plus aimés par les chrétiens et par les artistes. Ces chercheurs de Dieu, offrant des présents à l’enfant Jésus, se retrouvent déjà au 2e siècle sur les murs des catacombes. De grandes cathédrales d’Europe leur sont dédiées, comme par exemple la Cathédrale de Cologne, en Allemagne.

«Jésus est né à Bethléem, au temps du roi Hérode…» Matthieu, contrairement à Luc, parle très peu de la naissance de Jésus. Par contre, il tient, à donner à ses lecteurs la «signification» de cette naissance. Il nous livre cette signification dans le récit des mages. Au cœur du récit de l’Épiphanie, il propose deux attitudes, que nous retrouverons constamment au cours de son évangile : le refus et l’accueil.

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Chaque dimanche, comme les mages, nous venons pour adorer le Seigneur. Nous venons pour rendre hommage à Dieu, pour le remercier, pour écouter sa parole, pour rencontrer la communauté chrétienne… et non pour assister à un spectacle intéressant.

Après être entré en contacte avec le Seigneur, comme les mages, nous sommes invités «à retourner par un autre chemin», c’est-à-dire à penser d’une autre façon. Notre rencontre avec Dieu nous mène toujours à la découverte de nouvelles routes, de nouvelles façons de faire.

Comme les mages, nous sommes invités aujourd’hui à devenir des chercheurs de Dieu, des pèlerins de l’éternité, des rêveurs d’un monde nouveau. Cette fête nous invite à nous mettre en route, à suivre l’étoile, à partager ce que nous sommes et ce que nous avons, à nous prosterner et adorer, à chercher un autre chemin. »

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 29 Décembre 2019

Fête de la Sainte Famille

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

« Lève toi, prends l’enfant et la mère et fuis en Égypte« 

« Il existe une certaine image de la Sainte Famille qui est folklorique, doucereuse et complètement fausse. La crèche en carton coloré, les gentils bergers, les petits moutons, les rois mages accompagnés de leurs chameaux, les guirlandes de lumières risquent de nous faire considérer Noël comme un beau conte de fées.

La fuite en Égypte par Giotto

Dans les faits, ce jeune couple, qui parcourt les routes de Galilée, suite aux exigences de l’Empire romain et qui fuit la violence meurtrière du roi Hérode, partage le sort tragique de millions de réfugiés, d’expulsés chassés de leur maison par la brutalité des dirigeants et des soldats.

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Aujourd’hui encore nos gouvernements décident souvent qu’il est nécessaire de mettre en danger et de faire mourir quelques milliers d’enfants pour défendre les intérêts de nos banques et de nos marchés et d’assurer la «sécurité nationale».

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Joseph est l’homme des songes. Quatre messages lui sont adressés, messages qu’il exécute avec promptitude : «N’aies pas peur de prendre Marie comme épouse», «Lève-toi et fuis en Égypte», «Lève-toi et retourne en Israël», «Retire-toi dans la région de Galilée».

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À travers leur existence mouvementée, Marie, Jésus et Joseph demeurent un modèle pour toute famille humaine. Ils ont su assurer «le dessein bienveillant de Dieu» et nous rappeler que le Seigneur est  venu «pour que nous ayons la vie et l’ayons en abondance». (Jean 10, 10) »

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 8 Décembre 2019

2ème Dimanche de l’Avent

         (Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)
                 « Nous convertir au rêve et à la mentalité de Dieu« 

« Il y a deux thèmes principaux dans les textes de la liturgie d’aujourd’hui : une promesse de bonheur et une invitation à nous convertir au rêve et à « la mentalité de Dieu ».Dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe nous parle de la promesse de bonheur. Dieu enverra un sauveur qui, contrairement à nous, ne jugera pas selon les apparences : «Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays.»

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L'AventPour faire naître ce rêve de Dieu, Jean Baptiste nous rappelle que nous avons besoin de conversion. Il nous invite à changer de direction et à commencer à vivre ce rêve de paix et d’amour dans vos vies de tous les jours : «Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche.»

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Après l’eucharistie, nous pouvons rentrer chez-nous avec le beau rêve de Dieu en tête et nous demander ce qui peut être changé dans notre vie de tous les jours pour que ce rêve soit un peu plus présent dans nos familles, dans notre voisinage, au travail. Voilà notre vocation de chrétien et voilà le programme que nous propose le temps de l’Avent.

« Convertissez-vous au rêve et à la mentalité de Dieu, car le Royaume des cieux est tout proche ».

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 1er Décembre 2019

1er Dimanche de l’Avent

(Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.)

« Tenez-vous prêts car c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Seigneur viendra« 

  « Nous commençons aujourd’hui le temps de l’Avent, temps de préparation à la grande fête de Noël. Depuis plusieurs semaines déjà, les commerçants affichent leurs décorations et nous entrons dans une période de consommation effrénée. À travers nos nombreuses occupations, nous risquons d’oublier l’aspect profondément chrétien qui nous interpelle et nous invite à créer un espace pour Dieu dans nos vies de tous les jours. Nous risquons de faire comme les gens de Bethléem : «Il n’y avait plus de place pour Marie, Joseph et l’enfant dans l’auberge» (Luc 2, 7).

Le Christ résume l’attitude superficielle qui nous guette en nous comparant aux gens qui vivaient au temps de Noé : «Avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait… Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis.»

Jésus ne dit pas que les gens étaient mauvais ou immoraux au temps de Noé…/… »

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HOMÉLIE DOMINICALE

Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC,

(Texte diffusé pour vous par http://www.cursillos.ca)

« La première chose à faire en écoutant cette parabole de l’enfant prodigue est de comparer l’image que nous avons de Dieu avec celle que Jésus nous donne de son Père. Le premier but de la parabole est en effet de nous apprendre qui est Dieu. Charles Péguy écrivait : «Si tous les exemplaires de l’Évangile devaient être détruits dans le monde, il faudrait que l’on garde au moins une page, celle qui relate la parabole de l’enfant prodigue pour comprendre enfin qui est Dieu : ce Père qui veille, qui attend, ouvre ses bras, pardonne et organise une grande fête pour le retour de son fils.»

Dans notre monde moderne, cette parabole est très actuelle et ce qui retient l’attention en la relisant, c’est le départ du jeune fils. Il reflète bien la situation de nos familles québécoises et celles de plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

Il y a des milliers de jeunes et de moins jeunes qui depuis quelques années se sont éloignés de la religion de leurs ancêtres afin de pouvoir affirmer leur autonomie et exercer leur liberté, sans limite et sans entraves. Ils ont pris leur part d’héritage et sont partis, loin de la famille et de la communauté chrétienne. Ils ont quitté ce qui était devenu pour eux un monde d’ennui, de monotonie, de rituels dépassés et se sont aventurés dans un monde de réussite, de bonheur, de liberté et d’opportunités sans limites.

Lorsque le jeune fils demande sa part d’héritage, il ne veut pas seulement une large somme d’argent. En fait, il dit à son père : «Je te considère comme mort pour moi». C’est pourquoi je veux avoir maintenant l’héritage auquel j’aurai droit après ton décès. Combien de chrétiens ou d’ex-chrétiens vivent aujourd’hui comme si Dieu était mort. Cette attitude les incite à obtenir tout ce qu’ils peuvent de la vie, car pour eux, il n’y a rien d’autre. Il est vrai que ceux qui «quittent la maison paternelle» n’agissent pas tous de façon aussi drastique, mais la majorité sont trop occupés par les affaires de «leur pays lointain» pour garder du temps pour Dieu et pour la communauté chrétienne. Il y a la carrière, le standing social, la famille, les divertissements, les amis, les voyages, les sports… Comment voulez-vous avoir du temps pour Dieu à travers tout cela !

Il est difficile en terre étrangère de ne pas adopter les coutumes du pays. Il existe plein d’idoles et graduellement, l’image de Dieu s’estompe et disparaît. Nous risquons de nous rendre esclaves de ces idoles. Coupés de nos racines, de notre pays d’origine, on perd son identité et, comme le dit le fils prodigue, on «ne mérite plus d’être appelé fils ou fille de Dieu».

Les nombreux départs nous font souffrir profondément. Nos communautés vieillissent, nos églises se vident et les jeunes générations ne transmettent plus la foi chrétienne à leurs enfants. Souvent, j’entends des parents qui, la larme à l’œil, me disent : «Qu’est-ce que nous  avons fait dans l’éducation de nos enfants pour qu’ils arrivent là où ils sont maintenant? Ils ne croient plus en Dieu et placent toute leur confiance dans leur carrière, leur science, leur succès professionnel, leur gain en bourse. Ils veulent extraire le plus de jouissance possible de la vie maintenant, car pour eux la mort est la fin de tout. Ils semblent oublier qu’il y a une différence entre réussir dans la vie et réussir sa vie

La parabole d’aujourd’hui invite à la réflexion. Elle nous rappelle d’abord que Dieu respecte toujours nos choix, même celui de le mettre de côté. Il espère le retour de son jeune fils mais il ne force rien. Si celui-ci décide de revenir, ce sera la fête et nous serons tous invités à partager la joie du père. Dans l’Apocalypse, une belle image de ce respect de Dieu nous est offerte : «Voici que je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui…» (Ap 3, 20) Dieu ne force jamais la porte! Malgré nos égoïsmes et nos manques de respect, Dieu reste un père plein de tendresse, qui «fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes» (Mt 5,45). Il paie de la même monnaie les ouvriers de la première heure et les ouvriers de la dernière heure (Mt 20,1-16). Il refuse de séparer trop vite le bon grain et l’ivraie (Mt 13, 24-30). Il aime tellement le monde qu’il envoie son propre fils pour vivre et mourir parmi nous.

Avec cette parabole de l’enfant prodigue, la communauté chrétienne est invitée à entretenir l’espérance que ceux et celles qui ont laissé la maison paternelle reviennent un jour. Elle est aussi invitée à ne pas durcir son cœur, comme l’a fait le fils aîné au retour du fils prodigue, et à partager la tendresse de Dieu. Mangeons et festoyons, car mon fils était mort et il est revenu à la vie. »



HOMÉLIE DOMINICALE DU 17 MARS 2019

Chers visiteurs, nous vous proposons de lire ci-dessous, l’homélie du père Yvon Michel Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada

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« Celui-ci est mon fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le »

                       Mont Tabor                                       (Crédit https://www.biblelieux.com)

Dans le texte de la transfiguration, Luc est le seul des évangélistes à nous dire que Jésus était allé sur la montagne pour prier. C’est pendant sa prière qu’il est transfiguré. Quelques jours plus tôt, il avait révélé à ses disciples qu’il montait à Jérusalem pour y être rejeté par les autorités civiles et religieuses et être condamné à souffrir et à mourir. Aujourd’hui, en contact avec son Père, son chemin de ténèbres et de souffrances s’illumine et prend tout son sens. L’amour sera plus fort que la mort. Ce sera pour lui un chemin de libération, un «exode», qui le conduira à la résurrection…/…

Ce qui est le plus important dans le texte de ce dimanche n’est pas le miracle du changement extérieur de Jésus mais bien la révélation de Dieu le Père : «Celui-ci est mon fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le

Écouter les paroles de Jésus afin d’être transfigurés nous aussi, c’est là le but du carême. Être renouvelés grâce au contact que nous avons avec le Seigneur.

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Et, à travers les siècles, des milliers de personnes, entrant en contact avec le Christ, apprendront à donner un sens nouveau à leur existence. Il s’agit de véritables renaissances, de vraies transfigurations.

Nous pouvons nous aussi vivre une transfiguration, une transformation, un changement qui nous aidera à reprendre goût à la vie, à mieux réussir notre pèlerinage sur la terre, et ce malgré nos maladies, nos faiblesses, nos échecs et nos défaites.

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Jusque-là, on écoutait Moïse, interlocuteur de Dieu au Sinaï, porteur de la Loi, nimbé de lumière (Exode 34, 29). On écoutait aussi les prophètes, dont Élie est le représentant dans l’évangile d’aujourd’hui. Maintenant, il n’y a plus qu’une seule voix à écouter, la voix du Christ. «Celui-ci est mon fils, celui que j’ai choisi. Écoutez-le.»

Pour lire l’intégralité du texte, cliquer sur: http://www.cursillos.ca/formation/reflexion-chretienne.php

 



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 27 janvier 2019

3ème Dimanche du Temps ordinaire

(Homélie du père Yvon Michel Allard, directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada)

« C’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit« 

Plusieurs chrétiens sincères et honnêtes se demandent si les textes de la Bible sont vrais, si ça s’est vraiment passé comme les évangélistes et les autres auteurs nous le racontent. C’est une question pertinente et légitime. Bien sûr, ça peut nous aider de savoir que la Bible contient toute une «bibliothèque», avec toutes sortes de genres littéraires. Que chacun des nombreux auteurs a son style, sa façon d’écrire, ses images et ses paraboles. C’est aussi utile de se rappeler qu’aucune œuvre de la littérature mondiale n’a été aussi étudiée et approfondie que la littérature biblique. Des milliers d’experts se penchent chaque année et depuis des siècles, sur ces textes afin de les scruter, les analyser et mieux les comprendre.

Aujourd’hui, dans la synagogue de Nazareth, Jésus nous propose une nouvelle façon de poser la question sur la véracité de la parole de Dieu. Au lieu de nous demander si ce que nous raconte le texte est vrai, Jésus suggère de poser la question : Est-ce que cette Parole peut devenir réalité dans notre vie quotidienne.

Après avoir lu le texte d’Isaïe, un texte vieux de plusieurs siècles, Jésus ajoute simplement : «Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture.» C’est-à-dire, ce passage d’Écriture que nous venons d’entendre devient réalité maintenant. «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits.»

Le Christ rend l’Écriture vivante et vraie «aujourd’hui». Il se rapproche des pauvres et des pécheurs, guérit les malades, réintègre dans la communauté ceux et celles qui ont été mis au ban de la société, redonne la vue aux aveugles, proclame la bonne nouvelle du Royaume. C’est l’aujourd’hui de Dieu.

Et la question nous est posée : Est-ce que ce passage d’évangile peut aussi s’accomplir dans notre vie de tous les jours? Est-ce que l’Esprit Saint peut nous aider à annoncer la bonne nouvelle : à libérer ceux et celles qui sont prisonniers des stupéfiants, de l’alcool, des jeux de hasard; à visiter les malades et les personnes qui souffrent de solitude; à redonner la vue à ceux et celles qui sont déprimés et découragés?

Le Christ nous offre un exemple très coloré de cet «aujourd’hui de la Parole de Dieu» dans la parabole du bon Samaritain. Un avocat qui avait des difficultés à accepter les recommandations de Jésus, «pour se justifier» lui pose la question : «Mais qui est mon prochain?» Jésus ne lui fait pas de grands discours sur le prochain idéal, il lui raconte la parabole du bon Samaritain. Jésus affirme que le prochain, c’est celui ou celle qui s’approche d’une personne dans le besoin… ça peut être vous, moi, le légiste qui pose la question. Remarquez les paroles de Jésus : «Lequel de ces trois, à ton avis, (le prêtre, le lévite et le Samaritain) s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands?»… Le prochain, ce n’est pas le blessé abandonné le long du chemin, mais la personne qui s’en approche et lui vient en aide. Je deviens le prochain de quelqu’un lorsque je me fais proche d’elle ou de lui. Et Jésus termine cette rencontre en disant au légiste : «va, et toi aussi fais de même». «Accomplit aujourd’hui ce passage de l’Écriture».

Dans notre monde sceptique et désabusé, rendre vivante et vraie la Parole de Dieu a beaucoup plus de sens que d’essayer de prouver la véracité des anciens textes des Évangiles, bien que cette véracité soit importante et nécessaire.

Si nous les chrétiens, à la suite de la lecture sur la femme adultère prenons au sérieux les paroles de Jésus : «Que celui ou celle d’entre vous qui est sans péché lui lance la première pierre», nous nous éloignerons des attroupements meurtriers qui, par médisance ou calomnie, démolissent la réputation des autres. Si, après avoir lu la parabole de l’enfant prodigue, nous acceptons de changer notre cœur de pierre en cœur de chair et  nous répondrons à l’invitation du Père d’entrer dans la salle du festin pour nous réconcilier avec notre frère qui était perdu et est maintenant retrouvé. Si, après avoir écouté le récit de la guérison du lépreux et de sa réintégration dans la société de son village, nous acceptons de nous approcher des personnes qui appartiennent à certaines catégories méprisées (les gens sur le BS, les travailleurs saisonniers, les itinérants, les malades du sida, les ex-prisonniers, etc.), nous imiterons notre Père céleste qui a envoyé son Fils non pas pour condamner le monde mais pour le sauver. Si, après avoir entendu Jésus nous dire que «le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat», nous acceptons – tout en tenant compte de l’évolution de la vie moderne – de réviser notre façon de vivre «le Jour du Seigneur», nous redonnerons un sens à nos dimanches chrétiens.

Souvent à la messe du dimanche, nous écoutons les lectures d’un air ennuyé et désabusé. C’est peut-être parce que nous voyons dans ces récits des réalités vieilles de deux ou trois mil ans, alors que la parole s’adresse à nous et nous interpelle aujourd’hui. Cette Parole de Dieu peut alors devenir pour nous ce qu’elle a été pour la Samaritaine au puits de Jacob : «une source d’eau vive qui ne tarit jamais». (Jean 4)

L’exemple du Christ, dans la synagogue de son village, nous invite aujourd’hui à rendre la parole de Dieu vivante et vraie dans notre vie de tous les jours. Cette parole devient alors «lumière pour nos pas», «chemin, vérité et vie», «création d’un ciel nouveau et une terre nouvelle». Cette parole, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.



HOMÉLIE DOMINICALE

Homélie du Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada

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« Vous savez alors que l’été est proche »

Nous arrivons à la fin de l’année liturgique. La semaine prochaine, nous célébrerons la fête du Christ Roi, et ce sera le dernier dimanche de cette année dédiée à l’évangile de S. Marc.

Le texte d’aujourd’hui est un peu compliqué, mais il est plein d’espérance. Ceux qui enseignent la crainte, la peur de Dieu n’ont rien compris à l’évangile. Le Jour du Seigneur sera l’heure de la victoire remportée par le Christ sur la malice humaine, l’heure de l’amour vainqueur pour l’éternité. Lorsque le Fils de l’Homme reviendra dans la gloire, il ne sera pas différent de ce qu’il a été lorsqu’il a vécu parmi nous sur la terre. Il sera toujours un Dieu plein d’amour, de compassion, de sollicitude.

Nous devons aborder la scène du jugement dernier avec une grande joie et avec une sérénité pleine de lumière puisque le Christ est venu sauver le monde. «Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé», dit Jésus à Nicodème. (Jean 3, 17)

Il est intéressant de constater que, dans le texte d’aujourd’hui, Marc ne parle ni de châtiment, ni de punition, ni de condamnation mais de la réalisation d’un grand rêve : «Alors on verra le Fils de l’Homme venir sur les nuées…» Le thème fondamental de ce texte d’évangile n’est donc pas la fin du monde mais l’arrivée du Fils de l’homme qui vient nous sauver. C’est la réponse du Père à notre prière : «Que ton règne vienne… viens Seigneur Jésus».

Dans cet évangile il y a d’abord les mauvaises nouvelles: «Les terribles détresses, le soleil qui s’obscurcit, la lune qui perd son éclat...» Et Marc s’y connaissait en mauvaises nouvelles. La persécution de Néron avait failli faire disparaître l’Église naissante : le premier pape, Pierre, a été crucifié la tête en bas, Paul a eu la tête tranchée, les chrétiens de Rome ont été brûlés vifs dans les jardins du Vatican qui faisait alors parti du domaine impérial. Quelques années plus tard, en l’an 70, Jérusalem sera détruite complètement, le temple rasé, les Juifs survivants dispersés à travers le monde.

Le texte d’aujourd’hui fait référence aux malheurs et aux souffrances de tous les temps : guerres, tremblements de terre, feux de forêts, famines, violences, désastres naturels, épidémies, chômage, pédophilie, prostitution, foyers séparés, scandales de toutes sortes, maladies terminales.

Les malheurs arrivent et passent, les puissances de ce monde prennent de la force puis disparaissent : les empires d’Égypte, de Babylone, de Perse, de Grèce, de Rome sont suivis du Moyen Âge, du féodalisme, des grandes monarchies, de l’époque des Lumières, du Communisme, du Fascisme, du Capitalisme sauvage, etc.

Dans toutes les périodes de l’histoire, comme dans toutes les familles et dans toutes les vies, il y a une saison d’automne, suivie de la froidure, et du gel hivernal. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire, dit Jésus.

Saint Pierre a prononcé l’une des plus belles phrases du Nouveau Testament : «Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous, à tous ceux qui vous le demanderont. Mais que ce soit avec douceur et respect.» (1 Pierre 3, 15) Il faut savoir garder bien vivante cette espérance qui est en nous! À travers tout ce que nous vivons, le Christ nous offre une vision du futur qui nourrit notre espérance. «Je suis la résurrection et la vie». «N’ayez pas peur, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps» (Matthieu 28, 20).

Il y a des personnes qui semblent destinées à avoir peur toute leur vie. Il existe des gouvernements qui passent leur temps à faire peur aux gens, pour leur dire ensuite : «Votez pour nous et nous vous protégerons.» Certains chefs religieux utilisent la peur pour mieux contrôler leurs adeptes.

Le texte d’aujourd’hui est une invitation non à la peur mais à l’espérance. Il se termine avec la belle Parabole du figuier : «Quand ses branches reverdissent et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche

On a vraiment rien compris à la pensée de Jésus quand on se fait «prophète de malheurs». «Lorsque tout cela arrivera, sachez que le Seigneur est proche, qu’il est à votre porte.» «Il enverra ses anges pour nous rassembler des quatre coins du monde».

Le christianisme sans cette espérance n’est pas le christianisme.

«J’entendis alors une voix clamer : «Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu.  Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé.» Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : «Voici, je fais l’univers nouveau.» (Apocalypse 21, 2-5) C’est le message d’espérance de notre évangile aujourd’hui.