Archives de catégorie : Homélies

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HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 14 mai 2017

Cinquième dimanche de Pâques 

(Homélie du père Charles-André Sohier, prêtre ermite)

http://kerit.be/homelie.php

Ce soir là, Thomas a posé à Jésus la grande question, l’unique interrogation qui travaille toute l’humanité : « Nous ne savons pas où tu vasQuel est le but de la vie ? Le bonheur a-t-il un avenir ?

Aucun homme ne peut vivre sans se donner des projets. Mais beaucoup se contentent d’objectifs à court terme : gagner de l’argent, élever une famille, progresser dans une profession ou une carrière… Mais un jour ou l’autre, l’homme est acculé à se poser la question plus radicale, à long terme : « Où allons-nous ? Vers quelle fin ultime nous dirigeons-nous ? » Gagner de l’argent, mettre au monde des enfants, améliorer la société et même aimer, que signifient tout cela, si c’est pour finir dans la déchéance de la tombe ou le feu d’un crématoire ? Les entreprises limitées peuvent donner à nos journées un premier sens immédiat. Mais à tout homme qui réfléchit, elles laissent un arrière-goût d’éphémère. Elles sont incapables de combler totalement notre soif de bonheur infini.

Jésus, lui, sait vraiment où il va. Si vous preniez le temps de colorier légèrement le mot Père sur cette page d’évangile, vous verriez apparaître, dans ces quelques versets, dix flammes d’amour. Jésus ne cesse de parler du Père. Oui, nous aussi, par Jésus, dans le baptême, nous sommes nés dans le cœur de ce Dieu-Père. Et à sa suite, nous retournons, nous aussi, vers le Père. C’est Lui le terme du voyage, c’est Lui le but final de notre vie. Il nous a préparé une place d’éternité dans son cœur. Au terme de notre route humaine, ce n’est pas le néant absurde, comme le pensent les athées, c’est Quelqu’un qui m’attend, qui me désire d’amour et qui m’ouvre les bras pour m’introduire dans sa maison paternelle. Notre vie a un sens. « Ne soyez pas bouleversés. Je pars vous préparer une place. Je reviendrai vous prendre avec moi. Et là où je suis vous y serez vous aussi. » Jésus n’est pas la petite sente qui finit par se perdre dans la forêt, mais une route sûre, la voie royale, qui mène à la maison aux multiples demeures de son Père et de notre Père.

Et c’est pas seulement pour demain. « Le Père, vous le connaissez dès maintenant », dit Jésus à Philippe. Qui m’a vu a vu le Père. La foi est l’anticipation du futur. Tous les hommes rencontreront un jour ce Dieu Père qu’ils ignorent si souvent ici-bas. Et ce sera l’immense regret de ne pas l’avoir connu plus tôt.

Mais toi, si tu crois, si tu le veux, tu connais déjà cet amour fantastique qui peut totalement combler un cœur, dès maintenant. Et alors, dans la mesure de cette communion d’amour avec le Père par Jésus, il nous sera donné d’être nous aussi l’épiphanie du Père, en révélant sa tendresse.



PÈLERINAGE DIOCÉSAIN POUR LA FÊTE DE L’OCTAVE A LUXEMBOURG

L’Octave est la plus grande fête religieuse du Grand-Duché de Luxembourg. C’est un pèlerinage marial, en l’honneur de la Consolatrice des Affligés, à la cathédrale de Luxembourg, qui a lieu chaque année du 3e au 5e dimanche après Pâques.

En 2017, elle a lieu du 6 au 21 mai et porte comme thème : « Avance au large ». Ce lundi 8 mai, 400 pèlerins du diocèse de Metz, dont des représentants de notre communauté de paroisses, accompagné de leur évêque y ont célébré la messe et les vêpres mariales à la cathédrale de Luxembourg. (1)

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Homélie de monseigneur Lagleize

(1) Intégralité de l’article sur : http://metz.catholique.fr/accueil/actualites-diocesaines/302755-pelerinage-diocesain-fete-de-loctave-a-luxembourg/



HOMÉLIE DOMINICALE

Le dimanche 7 mai 2017

 4e Dimanche de Pâques

(Homélie du Père Gilbert Adam)

http://www.pere-gilbert-adam.org/

« « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis ».

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Jésus nous dit comment nous disposer à la nouveauté qu’il vient nous apporter. La parole qu’il nous adresse nous donne d’aller et de venir à notre gré, elle permet à la vie de bouillonner en nous. Il nous suffit de la recevoir et de la laisser rejoindre notre cœur pour qu’elle nous épouse intimement. Les images du pasteur et de la porte nous permettent un discernement pour suivre le bon pasteur et rejeter ce qui n’est pas de Lui. Jésus nous parle simplement avec douceur nous respectant et nous sortant de nous-mêmes. Ce qui nous permait d’avancer, c’est sa voix, la parole incarnée, qui nous appelle par notre nom. Il y a une connivence entre la voix de Dieu et notre cœur dans ses profondeurs, uni à lui. Cette voix, c’est le mystère de l’Esprit Saint qui nous est donné. Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, mais nous avons été meurtris par le péché de l’origine, alors nous sommes devenus des errants. Malgré cela, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous entendons la voix de notre Père.

« Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers» Jésus parle des bons bergers aimés des brebis, et des mauvais bergers qui se servent eux-mêmes. Jésus livre sa vie pour ses brebis. Les voleurs escaladent les palissades de nuit pour forcer l’enclos. Chaque matin, le berger vient chercher son troupeau, il se place devant lui, il donne à chacune de ses brebis un nom. Le berger conduit son troupeau dans de bons pâturages, à la nuit tombante il le remet à l’abri. Sortir et rentrer est habituel pour le bon pasteur, il donne la pâture aux brebis, il ne laisse pas le peuple affamé et sans espérance. Il nous faut élargir la tente de notre cœur pour que la voix de Dieu retentisse en nous, en ce lieu où Dieu demeure. A l’écoute de cette voix, nous nous découvrons l’enfant bien-aimé de notre Père. La source de son Amour infini jaillit au profond de notre vie. Nous pouvons annoncer cette Bonne Nouvelle à nos frères : Tout ce que Jésus est venu accomplir dans le monde. Nous faisons mémoire de tout ce que Christ a souffert pour nous racheter. Jésus a offert toutes ses souffrances pour ceux qui l’entouraient.

« Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». Jésus Ressuscité étend son règne dans le cœur de ceux qui deviennent croyants. Les temps que nous vivons nous conduisent à entrer plus profondément dans la compréhension du projet de Dieu pour l’humanité. L’amour du cœur de Jésus, uni au cœur du Père, transforme la coupe de violence du monde en coupe de bénédiction. Le sablier de la violence, de la haine et de l’injustice se retourne en vie d’Amour qui descend sur l’humanité. L’humanité peut reprendre une orientation vers Dieu, l’orientation de l’amour, de la miséricorde et de la tendresse. Dieu devient le bien-aimé pour lequel nous sommes faits. Si nous entrons par la porte de son amour, nous annonçons cet amour, c’est la mission de l’Église. L’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par le baptême se déverse dans le monde. C’est le don de l’Esprit Saint qui réalise au sein de ce monde des communautés qui témoignent de la tendresse et de l’amour de Dieu.

Nous demandons la grâce d’entendre la voix de Dieu dans notre cœur, qu’elle nous transforme en enfants bien-aimés du Père.

 

 



PAPE FRANCOIS – « UN CŒUR RIGIDE ET TÊTU N’A RIEN COMPRIS A LA PAROLE DE DIEU

Pape François : « Un cœur rigide et têtu n’a rien compris à la Parole de Dieu ! »

( Par Isabelle Cousturié | 03 mai 2017)

À l’exemple de saint Etienne, le Saint-Père rappelle au chrétien qu’il doit témoigner la tendresse de Dieu pour adoucir les « cœurs de pierre« 

Croire en Dieu c’est savoir « montrer la tendresse de Dieu pour nous, pour nos péchés, pour nos faiblesses », comme saint Etienne qui a su « écouter » et « recevoir le témoignage de l’obéissance »

jusqu’à en payer le prix de sa vie. C’est savoir que « le Seigneur est capable de changer un cœur de pierre en cœur de chair » et le montrer en témoignant d’un « cœur ouvert », a déclaré le pape François, au cours de son homélie pendant la messe à Sainte-Marthe, ce mardi 2 mai. Au cœur de son homélie : le drame des « cœurs fermés », de ces « cœurs qui refusent d’entendre » et ne connaissent que le langage du jugement et de la condamnation à l’égard du prochain. Cette attitude « fait beaucoup souffrir l’Église », a souligné le Saint-Père. En toile de fonds, la première lecture du jour, qui relate le martyre de saint Étienne (Ac 7, 51 – 8,1a) qui « avait tout compris » et fut lapidé parce que ses persécuteurs, eux, n’avaient pas compris la Parole de Dieu.

« Un cœur fermé, un cœur têtu… »

Saint Étienne est « un témoin d’obéissance », comme Jésus, et c’est pourquoi il a été persécuté. Il avait traité ses persécuteurs de « têtus », leur avait reproché d’avoir « le cœur et les oreilles fermés ». Dire cela de quelqu’un équivalait à le traiter de « païen », a expliqué le Pape dans son homélie. Ces hommes n’avaient pas compris la Parole de Dieu. « Ils avaient le cœur fermé » et « résistaient » à l’Esprit saint. Et le Saint-Père d’insister : ce genre de personne « ne sait pas dire : “Mais explique-moi, pourquoi tu dis ça ? Pourquoi ça ? Explique-moi …”. Non, ces personnes sont fermées, savent tout, n’ont pas besoin d’explications ». Et « un cœur fermé, un cœur têtu, un cœur païen, a le sentiment de se suffire à lui-même », une attitude inconcevable chez un chrétien.

Il y a en effet deux façons de ne pas comprendre la parole de Dieu, a poursuivi le Pape. Et de citer alors les deux disciples auxquels Jésus apparaît sur la route d’Emmaüs : eux aussi n’avaient pas compris, mais « par peur », pour éviter les  problèmes. La critique de Jésus à leur égard est moins forte. Il leur dit « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ». Contrairement à Étienne qui se trouve face à des « cœurs exaspérés », Jésus a devant lui deux hommes « bons » et « ouverts à la vérité » qui « ont laissé ses paroles entrer et réchauffer leur cœur ». Les disciples d’Emmaüs, « c’est nous, les chrétiens », avec « tous nos doutes », « tous nos péchés », qui voulons souvent « nous éloigner de la Croix, des épreuves », mais gardons toujours « une place pour entendre Jésus qui réchauffe nos cœurs ».

Pour adoucir « les cœurs rigides »

Pour discerner, le Pape a renvoyé l’assemblée à l’épisode évangélique de la femme adultère quand Jésus demande à ceux qui voulaient la lapider de « regarder en leur for intérieur » avant de juger. Que chaque croyant « entre dans cet échange entre Jésus et cette victime des cœurs de pierre », a-t-il exhorté, et qu’il demande « la grâce que le Seigneur adoucisse un peu le cœur de ces personnes rigides, toujours enfermées dans la Loi, qui condamnent tout ce qui est hors de cette Loi ». Que le chrétien soit, comme saint Étienne, « un témoin d’obéissance », qui regarde et montre cette « tendresse divine » qui peut « changer un cœur de pierre en cœur de chair ».

Article mis en ligne par ALETEIA.ORG

http://fr.aleteia.org/2017/05/03/pape-francois-un-coeur-rigide-et-tetu-na-rien-compris-a-la-parole-de-dieu/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 30 avril 2017

Troisième dimanche du temps de Pâques

« L’Amour ouvre les yeux »

Mis en ligne par Serge Lefebvre sur http://francoisassise.homestead.com

 Luc décrit la vie de la première communauté chrétienne qui poursuit ses occupations ordinaires après la mort et la résurrection de Jésus.  Le récit de Luc met en scène deux disciples : Cléophas et un autre qui est anonyme. Ce dernier nous représente toutes et tous, nous les chrétiens de tous les temps. Les disciples d’Emmaüs sont écrasés par la tristesse. Celui en qui ils avaient placé leur espérance a été mis à mort. Aux moments de découragement, souvent nos yeux se ferment et au lieu de laisser entrer la lumière, ils la coupent. Ainsi le cœur de ces disciples est tellement lourd que même la nouvelle de la résurrection de Jésus, apportée par quelques femmes du groupe, n’a pas suffi pour les relever. Il a fallu du temps aux premiers chrétiens pour réaliser que Jésus ressuscité n’est un homme réanimé. Il vit selon l’Esprit. Les disciples d’Emmaüs n’ont pas reconnu leur maître Jésus, trop occupés à vivre et à être dans le deuil. Ils ont pris du temps à comprendre que Jésus qui risquait sa vie et sa foi, que celui qui s’engageait quoi qu’il en coûte pour révéler le vrai visage de Dieu et de l’humain, ce Jésus crucifié était ressuscité. Son chemin qui semblait déboucher sur la mort était en réalité le chemin de la vie.  Luc ne raconte donc pas un miracle, mais plutôt un événement qui réjouit l’esprit et réchauffe le cœur.

Les disciples d’Emmaüs accueillent l’étranger à leur table. C’est le partage du pain qui leur permet de reconnaître vraiment Jésus. Leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent, et il disparut à leurs regards.  L’étranger reprend son visage d’étranger. C’est une expérience de foi qu’il faut refaire sans cesse. Jésus se révèle à celles et ceux qui, comme les disciples d’Emmaüs, acceptent de se mettre en route et se laissent brûler le cœur au feu de la Parole. Luc nous dit qu’à l’instant même, ils se levèrent. Autrement dit, ils ressuscitèrent. Alors qu’ils étaient partis de Jérusalem tout tristes le matin même,  ils y reviennent en toute hâte. Les deux heures de marche ne leur font pas peur, ils ont remplacé leurs semelles de plomb par des ailes de l’espérance retrouvée. Ils veulent témoigner auprès des apôtres et de leurs compagnons ce qu’ils ont vécu.  C’est une invitation à nous lever nous aussi, à ressusciter, à suivre le chemin de Jésus et de ses disciples. Nous devons nous lever et marcher dans la confiance que Jésus ressuscité marche à nos côtés. Sur nos chemins de déception, de tristesse et d’angoisse, nous avons toutes et tous besoin d’espérance. Jésus ressuscité vient nous rejoindre à travers ces femmes et ces hommes qui se sont laissés brûler le cœur au feu de sa Parole et qui l’ont reconnu à la fraction et au partage du pain.

Emmaüs se situe partout là où nous vivons.  Prenons exemple sur Pierre, dont nous avons entendu le discours de Pentecôte dans la première lecture. Alors qu’il avait d’abord renié Jésus au moment de sa passion,  il a ensuite eu le courage de témoigner de lui jusqu’à lui donner sa vie. Dans sa lettre, Pierre s’adresse à des païens convertis dans l’actuelle Turquie. Pendant des siècles, les prophètes avaient annoncé la venue du messie. Au fil du temps, ils ont précisé son portrait. Le messie ne sera pas un monarque puissant, mais un serviteur.  Ainsi, vivre dans la crainte de Dieu comme dit Pierre, ce n’est pas vivre dans la peur. Il s’agit du souci de ne pas déplaire à Dieu. Dieu nous traite en fils et filles responsables qui agissent par amour et non par contrainte.  La crainte de Dieu dans laquelle Pierre nous invite à vivre est donc bien autre chose que de la terreur, c’est une relation d’amour. Regardons les autres comme Dieu les regarde. Acceptons d’écouter Jésus, de risquer sa vie pour devenir comme lui libre devant tous les pouvoirs. Ne laissons surgir dans nos cœurs aucune trace d’aigreur envers quiconque.

Jésus déjà avait fait passer Marthe de la foi à la résurrection des morts à la fin des temps, à la foi dans celui qui est la Résurrection et la Vie. Voilà qui change totalement le contenu de notre foi en Dieu qui a ressuscité Jésus et l’a associé dans sa gloire. Ce qu’il a fait pour Jésus, il le fera pour chacun de nous. Nous sommes loin d’une vie sans aucun but si nous savons pardonner, dialoguer et construire.  C’est cela créer des liens, prendre le temps d’écouter, de dialoguer et de marcher avec l’autre, organiser des espaces de convivialité et de fraternité. C’est ainsi que la Parole de Dieu peut toucher les cœurs et faire des miracles dans la vie de chacun. Paradoxalement, dans les moments de nuits et de ténèbres, il semble que quelqu’un quelque part s’occupe de nous.

L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que chaque fois que, dans un moment de doute et d’épreuve, nous avons le courage de dire : je pensais que c’était lui, chaque fois, Jésus est là. Il marche à nos côtés sur notre chemin et il réchauffe nos cœurs. Il est l’un d’entre nous. Il est ce que chacun de nous doit être pour l’autre.

Il faut garder les yeux ouverts. Jésus ressuscité ne peut se voir qu’avec le cœur.



MESSAGE DU PAPE FRANCOIS VERS L’EGYPTE

 

« Cher peuple d’Égypte ! Al Salamò Alaikum! La paix soit avec vous ! »

(Extrait d’un article de Constance Roques pour Zenit.org)

« Je désire que cette visite soit une étreinte de consolation et d’encouragement pour tous les chrétiens du Moyen-Orient, un message d’amitié et d’estime pour tous les habitants de l’Égypte », déclare le pape François dans un message vidéo d’un peu plus de quatre minutes, transmis mardi 25 avril 2017 au peuple égyptien à l’occasion du voyage apostolique imminent en Égypte (28-29 avril).

    Message vidéo du pape François à l’Egypte, capture CTV

Le pape exprime à l’Égypte ses vœux de paix et de consolation précisant qu’il viendra « en ami, en messager de paix et en pèlerin », désirant que cette visite soit « un message de fraternité et de réconciliation pour tous les enfants d’Abraham, en particulier le monde islamique, où l’Égypte occupe une place de premier plan. » Par ailleurs, le saint Père « embrasse cordialement tous les Égyptiens,  jeunes et plus âgés, femmes et hommes, musulmans et chrétiens, riches et pauvres ».

Dans son message, le pape François « souhaite que cette visite soit aussi une contribution efficace au dialogue inter religieux avec le monde islamique et au dialogue œcuménique avec la vénérée et bien-aimée Église copte orthodoxe. » …/…

« Notre monde déchiré par la violence aveugle a besoin de paix, d’amour et de miséricorde. Il a besoin de constructeurs de ponts de paix, de dialogue, de fraternité, de justice et d’humanité ».

Voici notre traduction intégrale des paroles du pape en cliquant sur le lien suivant :

https://fr.zenit.org/articles/egypte-un-message-de-consolation-du-pape-francois/



HOMÉLIE DOMINICALE

Dimanche 23 Avril 2017

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

« Voir et Croire »

Par le père Charles-André Sohier, Prêtre ermite et Webmaster de http://kerit.be/

Ces deux mots sont souvent associés dans l’évangile de Jean. Et c’est vrai pour le passage d’évangile que nous venons de lire. « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu », dit Jésus ressuscité à Thomas. Certes les apôtres, puis thomas, huit jours plus tard, ont vu Jésus dans son corps marqué par la passion. Ils ont cru, assurément, ensuite; ils « furent remplis de joie», nous dit l’évangile.

Ce qui semble donc caractériser tous les récits d’apparition : c’est qu’on voit mais qu’il faut croire aussi, deuxième étape en somme – croire est plus que voir. Jean arrive au tombeau, le matin : « il vit et il crut », dit l’Evangile ; non pas : il vit, il constata, d’une évidence scientifique en somme, après laquelle il n’y aurait pas à faire ce saut en avant qu’est croire. Marie Madeleine, elle, « reconnaît » Jésus, après avoir vu quelqu’un mais confusément d’abord, pas encore reconnu donc, parce… qu’un mort ne peut être vivant bien sûr. Et c’est la même chose pour les disciples au soir de Pâques : ils « voient ses mains, son côté », après seulement vient l’envahissement de leur cœur : « ils sont remplis de joie » ; ils croient. Thomas enfin : il voit, il touche, et que lui dit Jésus ? Non pas : tu vois maintenant. Mais : « crois », « ne sois plus incrédule mais croyant ». Et le voici croyant quand il tombe aux pieds de Jésus clamant « Mon Seigneur et mon Dieu ». Il y a bien toujours deux étapes : voir, recevoir un témoignage direct, et croire, qui va bien jusqu’à Dieu même, hors de notre prise humaine ordinaire en tout cas.

Mais n’est-ce pas de nous qu’il s’agit dans ce fameux : « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu » ? Sans avoir vu du tout, cette fois. Mais ce n’est pas tout à fait exact : la nouvelle de la résurrection du Christ nous est parvenu par le témoignage que nous avons lu ou entendu, par la tradition des écrits évangéliques, qui nous ont mis à l’écoute de l’enseignement des apôtres, une vie concrète dans la communion fraternelle, le repas eucharistique, la participation aux prières dont nous parlait le première lecture. Ce n’est donc pas tellement moins que ce qui a atteint les premiers disciples. Mais, comme eux, aussi, guère moins équipés qu’eux, nous sommes invités au grand dépassement, à la grande confiance, qu’est croire.

Et c’est cela que nous vivons tous les jours, en adorant, en priant, gardant en mémoire l’histoire évangélique, la passion et les semaines après la mort de Jésus, tout en restant ouverts à une rencontre dans la foi avec le Christ ressuscité. Oui, frères et sœurs, « nous tressaillons d’une Joie inexprimable qui nous transfigure » (2e lecture) parce que notre foi en Jésus, notre amour pour le Seigneur est une véritable rencontre qui nous est donnée et se laisse recevoir, une paix qui nous est communiquée et qui ne peut nous décevoir.

Et pourtant, il nous faut parfois être attristé, pour un peu de temps, par toutes sortes d’épreuves. La souffrance morale, la douleur physique ne nous sont pas épargnées et le présent peut se mêler au regret du passé et à l’angoisse pour l’avenir. Mais comme l’écrivait Olivier Clément dans un article : « l’espérance vient en nous quand notre désespoir ne se ferme pas sur lui-même mais se fait ouverture déchirante à Celui qui se crucifie avec nous pour nous ouvrir en Lui ; dans l’Esprit Saint, des voies de résurrection. » Dieu nous appelle à ce moment-là à nous dépasser et à nous décentrer totalement pour ne trouver qu’en Lui seul notre point d’appui et notre sécurité.

« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux » (psaume 117).



HOMELIE DU PAPE FRANCOIS – LA CROIX N’EST PAS UN BADGE

Homélie du 4 avril en la chapelle  Sainte Marthe

 La croix, ce n’est pas un badge!

« Comment je porte la croix? Comme un ornement? Un bijou? »

(par Marina Droujinina  pour zenit.org)

« Aujourd’hui, l’Église propose un dialogue avec ce mystère de la croix, avec ce Dieu qui est devenu péché pour l’amour de moi », a expliqué le pape François au cours de l’homélie prononcée dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe ce mardi 4 avril 2017, indique Radio Vatican.

« Le salut vient seulement de la croix, affirme le pape, mais de cette croix où Dieu se fait chair. Il n’y a pas de salut dans les idées, il n’y a pas de salut dans la bonne volonté, dans le désir d’être bon … Non. Le seul salut est dans le Christ crucifié, parce que Lui seul, comme le serpent de bronze, … a pu prendre tout le poison du péché et nous guérir. »

Le pape a commenté la lecture du livre des Nombres où Dieu demande à Moise de faire un serpent et de le dresser « au sommet d’un mât », pour « éloigner les serpents » du peuple d’Israël: « tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ».

Le serpent, ce « symbole du diable », du «père du mensonge », du « père du péché », apporte une guérison. « Le serpent de bronze guérit » et « ce fut un signe de deux choses, explique le pape : du péché fait par le serpent, de la séduction du serpent, … et aussi ce fut le signe de la croix du Christ. Ce fut une prophétie, » résume-t-il, en rappelant les paroles du Christ dans l’évangile de saint Jean : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS. »

« Dieu dit à Moïse:« Qui regarde le serpent sera guéri », répète le pape.  Jésus dit à ses ennemis: « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez. » Qui ne regarde pas la croix, donc, avec la foi, mourra dans ses propres péchés, ne recevra pas le salut », avertit le pape.

« Mais qu’est-ce que la croix pour nous? » demande-t-il. Est-ce « le signe des chrétiens », « le symbole des chrétiens »?  Parfois, « nous faisons le signe de croix », mais «  nous n’avons pas cette foi à la croix », souligne le pape.  « Pour certains, poursuit-il, c’est un badge d’appartenance: «Oui, je porte la croix pour montrer que je suis chrétien. » Il ne faut pas oublier, rappelle le pape, que la croix n’est pas « l’insigne d’une équipe », mais « le mémoire de Celui qui était devenu péché ».

Chacun de nous, conclut le pape, devrait se demander : « Comment je porte la croix? Comme un souvenir? En tant que symbole d’appartenance à un groupe religieux? Comme un ornement? Comme un bijou, avec beaucoup de pierres précieuses, d’or …? Est-ce que j’ai appris à la prendre sur les épaules, où ça fait mal? Chacun d’entre nous devrait regarder aujourd’hui le crucifix, regarder ce Dieu qui était devenu péché pour que nous ne mourions pas dans nos péchés. »



HOMÉLIE DU PAPE FRANCOIS

«Cet Évangile est pour nous!», angélus du 19 mars 2017

Comme la Samaritaine, rencontrer Jésus dans un dialogue cœur à cœur 

(Extrait de l’article de Anita Bourdin, mis en ligne sur Zenit.org)

Comme la Samaritaine, chaque baptisé est appelé à rencontrer Jésus dans un « dialogue cœur à cœur », explique le pape François en commentant Évangile de ce troisième dimanche de carême

La rencontre de Jésus avec la Samaritaine -.

Pour le pape, le carême constitue pour les baptisés qui n’ont pas encore « rencontré Jésus », une « bonne occasion » pour le rencontrer « dans la prière dans un dialogue cœur à cœur : parler avec lui, l’écouter ».

 « Chers frères, l’eau qui donne la vie éternelle a été répandue dans nos cœurs le jour de notre baptême ; Dieu nous a alors transformés et remplis de sa grâce. Mais il se peut que ce grand don nous l’ayons oublié, ou réduit à une simple donnée administrative ; et nous allons peut-être à la recherche de « puits » dont les eaux ne désaltèrent pas. Quand nous oublions la vraie eau, nous allons à la recherche de puits dont les eaux ne sont pas propres. Alors, cet Évangile est justement pour nous ! Pas seulement pour la Samaritaine, pour nous », a insisté le pape.

Après l’angélus, le pape a exprimé sa proximité avec le Pérou, frappé par des inondations meurtrières, et il a salué la béatification, hier, 18 mars, à Bolzano (Tyrol italien), de Josef Mayr-Nusser (1910-1945),

père de famille, membre de l’action catholique « mort martyr parce qu’il a refusé d’adhérer au nazisme par fidélité à Evangile ». Il l’a donné en modèle aux laïcs et aux pères de familles, invitant à applaudir avec lui tous les papas dont c’était la fête en Italie, comme tous les 19 mars, en l’honneur de saint Joseph, saint patron du nouveau bienheureux.

Pour lire traduction intégrale de l’allocution du pape avant la prière de l’angélus dominical, cliquer sur le lien suivant :

https://fr.zenit.org/articles/cet-evangile-est-pour-nous-angelus-du-19-mars-2017-traduction-complete/



QUE FAISONS-NOUS, CHRÉTIENS, DE NOTRE FOIS EN JÉSUS ?

« Que faisons-nous, nous chrétiens, de notre foi en Jésus Christ ? »

(Extrait de la prédication du père Cantalamessa, mis en ligne par Zenit.org)

« Que faisons-nous, nous chrétiens, de notre foi en Jésus Christ ? Je dirais même plus, que fais-je moi de ma foi en Jésus Christ ? », a interrogé le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, lors de la deuxième prédication du carême 2017 au Vatican, le 17 mars. « Si nous n’avons jamais réfléchi sérieusement à la chance que nous avons de croire en Jésus Christ, c’est peut-être l’occasion de le faire », a-t-il estimé.

La deuxième méditation du cycle des vendredis de carême avait pour thème « L’Esprit Saint nous introduit dans le mystère de la divinité du Christ ». Depuis la chapelle Redemptoris Mater du Palais apostolique, en présence du pape François et des responsables de la Curie romaine, le prédicateur s’est arrêté sur la divinité du Christ comme « pierre angulaire qui soutient les deux grands mystères de la foi chrétienne : la Trinité et l’Incarnation ». « Tout le monde croit que Jésus est ‘homme’, a-t-il noté ; ce qui fait la différence entre croyants et non croyants c’est de croire qu’il est Dieu ».

« A chaque époque et culture, a souligné le capucin, le Christ doit être proclamé ‘Dieu’, non pas dans une quelconque acception dérivée ou secondaire, mais dans l’acception plus forte que le mot ‘Dieu’ revêt dans telle culture ». En effet, « le salut exige que l’homme ne soit pas pris en charge par un intermédiaire quelconque, mais par Dieu lui-même ».

Le p. Cantalamessa a constaté dans la société actuelle « une présence-absence du Christ » : « à un certain niveau – celui du spectacle et des mass-médias en général – Jésus Christ est très présent » tel « une mode, un genre littéraire ». Mais « si l’on regarde le domaine de la foi (…) nous relevons, au contraire, une inquiétante absence, peut-être même un rejet de sa personne ». La plupart du temps, a-t-il ajouté, ceux qui se disent « croyants » croient « en l’existence d’un être suprême, d’un Créateur ; ils croient qu’il existe un ‘au-delà’. Mais ceci relève d’une foi déiste, pas encore d’une foi chrétienne. (…) Dans ce type de religiosité, Jésus Christ est pratiquement absent ».

Au fil de sa méditation il a invité à se « laisser frapper en plein visage par la question que Jésus posa à ses disciples : ‘Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?‘ ». Il s’agit aujourd’hui, a-t-il insisté, de « recréer les conditions pour une foi en la divinité du Christ sans réserves et sans réticences. (…) On en a de nouveau besoin ».

Citant l’exclamation du Christ « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! », le p. Cantalamessa à expliqué pourquoi les chrétiens étaient « heureux » : « Parce que vous connaissez le sens de la vie et de la mort, parce que ‘le royaume de Dieu est à vous’ (…)  dans le sens que vous en faites déjà partie, en savourez les primeurs ». « La plus belle des phrases qu’une épouse puisse dire à son époux et vice-versa est : ‘Tu m’as rendu heureuse!’ Jésus mérite que son épouse, l’Eglise, le lui dise du plus profond de son cœur », a-t-il conclu.

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https://fr.zenit.org/articles/que-faisons-nous-nous-chretiens-de-notre-foi-en-jesus-christ/